Que de chemin a parcouru la musique grecque  depuis l'antiquité où d'après quelques rares écrits, la musique se limitait qu'à une seule mélodie et où les instruments grecs les plus utilisés étaient la cithare (lyre) associé au dieu Apollon et un ancêtre du hautbois  (avlos) associé à Dionysos. D'après ces documents difficilement déchiffrables, elle constitue la plus ancienne des musiques d'Europe (500 ans avant Jésus-Christ). 

Au fil des ans et des différentes occupations de la terre grecque, les grecs ont su s'imprégner de diverses cultures et ont réussi en mélangeant ce patchwork a créé une musique qu'il leur ait propre aces des accents parfois imprégnés d'autres région d'Europe et d'Asie. La gamme des instruments s'est enrichie et continue à l'être : Bouzouki, baglama, violon, viole, luth, défi (tambourin), clarinette, sandouri (dulcimer grecque),  voici une liste bien incomplète des instruments utilisés dans la musique grecque. 

Faisons la connaissance de quelques un de ces instruments (...la liste sera complétée au fur et à mesure). 

 

Baglama - Bédir - Bouzouki - Daouli (Pavouli, Tavouli, toubano, Tymbanos ) - Gaïnda - Kaval - Saz - Tambouras - Tar - Yali tambour

Instruments de la région de Drama (Macédoine)

 
Baglama

C’est un bouzouki miniature. Il ne mesure qu une cinquantaine de cm de long. Son origine remonte au temps des rebelles qui étaient persécutés par les autorités qui leur interdisaient la musique et le bouzouki. Comme l'instrument était très petit, il était facile à cacher sous un long manteau. Quand les policiers les mettaient en prison, ils pouvaient ainsi jouer du baglama durant leur détention. S’ils n’en n’avaient pas, ils en fabriquaient sur place avec le matériel à leur disposition. Les premiers baglama étaient fait grossièrement à partir d une gourde ou d' un morceau de bois creusé. La plupart des baglama modernes sont encore fait à partir d un bloc de bois creusé mais certains modèles sont fabriqués avec une caisse de résonance de luth comme l’est le bouzouki. Le baglama est devenu un instrument essentiel pour tout joueur de bouzouki. Il s'accorde d'au moins 14 façons différentes et son très long manche est garni de frettes (cordes de boyaux) amovibles
Traditionnellement, il se joue en solo ou avec d’autres instruments sans percussion, les rythmes étant donnés par la main qui frappe la table tout en jouant. Ses trois cordes, doublées ou triplées permettent une multitude de possibilités de jeux, de mélodies et d'harmonies.

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Bédir 
C’est une percussion typique, très répandue en Afrique du nord, mais aussi en général dans les régions situées au sud de la Méditerranée, du Maroc jusqu’en Irak. Il est fabriqué habituellement de peau de chèvre que l’on tend sur une large couronne en bois. Les caractéristiques de sa sonorité des cordes qui transpercent le corps de l’instrument et qui vibrent quand on frappe la peau. 

 

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Bouzouki

Le bouzouki est pour beaucoup de touristes l'instrument par excellence de la musique traditionnelle grecque et il est vrai qu'il est omniprésent. Les artistes actuels l'utilisent sans arrêts. La version acoustique est souvent remplacée par sa version électrique (comme pour la guitare) car elle porte plus loin dans les grandes salles de spectacle. 

Cependant, cet instrument a connu une période difficile qui aurait pu l'amener à l'oubli. En effet, le bouzouki était associé au début du 20ème siècle au mondes des parias, au monde du crime, de la drogue et de la misère et était dédaigné par les autorités qui persécutèrent de nombreux musiciens de bouzouki. Grâce à des enregistrements sur disque et aussi grâce à des compositeurs comme Théodorakis qui en faisant la musique du célèbre Zorba permit au monde entier de redécouvrir les merveilleuses sonorités de cette instrument, le bouzouki et le rébétiko (musique lui étant associé) a retrouvé la faveur d'un public qui lui est maintenant fidèle. Malgré les nombreux bars diffusant de plus en plus de musique anglo-saxonne et internationale fade, la musique grecque et le bouzouki est partout présent en Grèce.   

Le bouzouki a évolué au fil du temps afin de pouvoir jouer des musiques occidentales. Comme ses cousines, la guitare et la mandoline, de nouveaux éléments sont venus se greffés à la version ancienne comme les frettes (qui est le mécanisme en bout de manche constitué de roues dentées et qui sert à régler la tension de la note et sa justesse).

C'est donc une espèce de luth à long manche que l'on joue avec un médiator. La caisse a un dos bombé. Son timbre métallique est donné par la doublure en feuille métallique qui se trouve dans la caisse. La longueur des cordes est identique à la longueur des cordes de guitare. Le corps est souvent fait de bois de noyer, de frêne et 

Le corps de ce luth est fait en général de bois (de noyer, de frêne, etc...) et la table d'harmonie (le dessus ou se trouve l'ouverture) en épinette. Le dessus est décoré (nacre, plastique noir, etc...). 

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Daouli 

Son appellation nationale est daouli ou tavouli ou pavouli ou toubano ou tymbanos ou encore toumbanos. C’est un instrument rythmique qui ne se joue pas seul mais toujours avec au moins un instrument mélodique. Avec le hautbois (ζουρνά), ils constituent à eux deux un petit orchestre appelé Zygia (ζύγια) connu surtout en Grèce continentale. 

Le daouli est cylindrique et ses deux fonds sont constitués de peau tendue avec des cordes. Ses dimensions diffèrent d’une région à l’autre et dépendent du joueur de daouli. Le diamètre de la surface en peau du daouli peut aller de 25 cm à 1 mètre et la distance entre les deux surfaces planes peut aller de 20 à 60 cm. Pour fabriquer un daouli, il faut d’abord préparer la surface cylindrique. On prépare d’abord un « squelette » en bois de forme cylindrique. Quand la surface latérale est prête, on fait des trous pour éventer l’air sinon quand on frappe la peau, il y a danger de déchirement de la peau. La peau qui est utilisée pour les surfaces latérales sont d’habitude des peaux de bouc, de chèvre et de mouton (rarement). 

La peau du daouli est sans poil. Pour la suppression des poils, on laisse la peau de 3 à 5 jours dans de l’eau de chaux. Ensuite, on la gratte avec du verre et on le réduit jusqu’à la dimension voulue. Puis, on la tend. On ajuste les deux peaux des deux bases du cylindre, on ouvre des trous tout autour sur la périphérie de la peau à distances égales et on passe une corde qui passe par chaque trou d’une peau à l’autre. Après, on serre pour tendre les peaux. 

Le daouli est joué avec deux baguettes en bois, une dans chaque main. Dans celle de droite, c’est le battoir (κόπανος) et dans celle de gauche une fine et petite badine (vergoula – βεργούλα) ou férule (vitsa – βίτσα). Le fabricant fais attention à
 ce que la peau soit plus épaisse, plus solide là où le battoir frappera. Le son sera plus sourd tandis que la peau qui sera tapé par la badine n’a pas besoin d’être aussi épaisse car le son est plus fin. Le battoir bat les temps forts tandis que la badine bat les temps faibles.
                          

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Gaïnda

Cornemuse utilisée en Grèce pouvant se trouver sous le nom de gaïnda (γκάιντα), gaïda (γκάιδα), gaïdi (γάιδη) ou kaïnda (κάιντα). Elle est de différente taille suivant celui qui en joue. Elle est constituée d’une outre, d’une embouchure et de deux tuyaux. Le joueur de gaïnda s’appelle le gaïndiéris (γκαϊντιέρης) ou gaïdaris (γκαϊδάρης) ou encore gaïtantzis (γκαϊταντζής). Dans la région de Serres (en Macédoine, région du nord de la Grèce), elle est jouée seule ou en accompagnement de daouli (νταούλι), instrument de percussion et de dahare (νταχαρέ).

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Kaval

Un des plus vieux instruments à vent des Balkans. En Turquie, c’est l’instrument des bergers. Le bout de roseau a 8 trous (7 devant et un derrière) et n’a ni de bec ni de partie rajoutée (comme une espèce de grosse quenacho sud américaine). Habituellement, il est constitué de 3 morceaux différends qui sont assemblés. Sa longueur peut aller de 30 à 80 cm et son diamètre est d’environ 1,5 cm. Pour en jouer, cela exige un doigté particulier. Sa sonorité est chaud et mélancolique. Il joue sur deux ou trois octaves à peu près. Avec des particulières, le son du kaval peut ressembler à celui de la clarinette.

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Saz

Instrument appartenant à la famille des luths à long manche (comme le bouzouki, le tar****** et la cithare, etc.. ). Le mot saz en perse signifie instrument de musique. Il y a des saz de différentes tailles avec 3 ou 9 cordes suivant leur dimension. Il est idéal pour une restitution de micro-intervalle qu’il n’y a pas dans la musique occidentale. 

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Tambouras

Instrument de la famille des pandouris de la Grèce antique. 
C’est un instrument à cordes connus depuis l’époque des acrites (les gardes frontaliers de l'Empire byzantin). Le tambouras fait référence aux chansons des acrites ( du IX-XI siècles, chansons qui racontent leur vie). Si on considère que l’existence des acrites se situent entre 800 et 1300 après Jésus Christ, alors, il se peut que le tambouras était connu bien avant 800 ans après J.C. Le tambouras est habituellement constitué de 3 cordes avec un petit caisson en forme de poire et un long et fin manche. C'est en quelque sorte l'ancêtre de bouzouki.

Photo tirée du site http://users.panafonet.gr

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Tar

C’est un instrument traditionnel oriental (Turquie, Géorgie, Ouzbekistan, Turckmenistan). Il est constitué de deux caisses de résonances inégales au dessus desquelles est fixé une membrane en cœur de bœuf ou de buffle. Le manche est en bois dur et avec des fils de nylon . Il y a deux jeux de cordes. Les premières cordes (trois jeux de 2 cordes) sont utilisées pour la mélodie et les autres sont accordés afin d’enrichir la tonalité

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Yaïli tambour 

Tambouras arqué avec un archet. Il a un pavillon métallique rond qui est couvert par une membrane et un long manche. Il a 3 doubles cordes et cavalier bas, chose particulièrement rare pour un instrument qui est joué avec un archet. Il est confondu avec le tambouras et le saz et est idéal pour une restitution de courte distance (dans de petite salle).

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Instruments de la région de Drama (Macédoine)

La région de la Drama est riche musicalement. Des chansons et des danses dominent chaque manifestation sociale et célébration. La présence des instruments contribue à rendre les mélodies et chansons vivantes dans le cadre plus large de la vie sociale traditionnelle. Les principaux instruments traditionnellement de la région sont la gaïnda (γκάιντα) (sorte de cornemuse connue depuis l'antiquité), la lyre (λύρα) et le tambourin appelé daharés (νταχαρές) ou daïres (νταϊρές) ou défi (ντέφι). La Gaïnda constituait jusqu'il y a peu de temps, l'instrument souverain de la mélodie des villages de la province de Drama. Sa présence était indispensable durant les mariages, les fêtes et les différentes manifestations. Aujourd'hui, la gaïnda continue à être présente de façon significative principalement dans le villages de Kali Vrissy (Καλή Βρύση) mais aussi dans celui de Volaka (Βώλακα), de Mikropoli (Μικρόπολη), de Pétroussa (Πετρούσα) et de Prossotsani (Προσοτσάνη).

Il existe 3 sortes de lyre

  1. la locale (καθαρά τοπική) en forme de poire et connue dans toute la Grèce
  2. celle de Thrace, aussi en forme de poire mais qui se différencie par sa façon d’être jouée.
  3. celle d’Asie Mineur (ποντιακή) reconnaissable par sa caisse de résonance en forme de bouteille.

 

 

Lyre de Thrace

 


Lyre Pondiaque (Lyre d'Asie mineure)
Lyre locale
(καθαρά τοπική)



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Le hautbois (ζουρνάς ) est en bois avec sa sonorité perçante et douce à la fois. Il est également populaire dans la région de Drama, en particulier dans le village de Doxato (Δοξάτο) et de Horisti (Χωριστή).
Il y a longtemps , on trouvait des pipeaux, fabriqué en roseau. Certains étaient fabriqués à base d’os d’aigle qui étaient réputés pour leur sonorité merveilleuse.

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